Projet scientifique et culturel

Le musée Dobrée est un musée de collectionneurs se déployant dans deux demeures historiques et des extensions des 20e et 21e siècles au cœur d’un jardin, ensemble qui lui confère un esprit des lieux unique.
Il regroupe des collections éclectiques, couvrant 500 000 ans d'histoire et 5 continents, objets suscitant et répondant aux curiosités les plus diverses.

Le musée Dobrée, cultiver l'esprit de curiosité dans un musée de collectionneurs.

Musée à échelle humaine, il offre une accessibilité universelle à ses collections, à ses bâtiments et à son site. En se pensant comme un autre lieu, ouvert à tous les citoyens, le musée Dobrée a deux ambitions :

  • favoriser la liberté de perception des visiteurs et stimuler leur imagination et leur inspiration sur la base des collections : être ainsi un lieu de contemplation, de rencontres, de débats, de pratiques, d’apprentissages, de créations, d’expérimentations ; s’adresser à tous en s’adressant aux familles.
  • s’appuyer sur toutes les potentialités des collections pour dépasser les missions traditionnelles d’un musée : être aussi un lieu hospitalier et bienveillant pour « mille et une situation de la vie sociale », c’est-à-dire aller vers et accueillir de nouveaux publics en partant de leurs questionnements et de leurs besoins.

Sa mission fondamentale est de solliciter et de développer chez tous les citoyens la compétence de curiosité en tant que facteur de sociabilité.

Un esprit des lieux unique

Le musée Dobrée conserve, présente et valorise des objets collectés (notamment pour l’archéologie) et collectionnés sur le territoire par des personnalités avec une forte implantation locale. Il se situe dans un lieu qui participe lui-même de la collection puisque légué en même temps qu’une partie remarquable de celle-ci.

Au détour de la rue Voltaire, le site du musée est dominé par l’emblématique maison Dobrée. Son architecture unique à Nantes est marquée par la personnalité de son dernier propriétaire, Thomas Dobrée. Celui-ci a contribué directement à son agencement et à son décor et, plus tard, donné son nom au musée dont il a défini par son legs la configuration actuelle.

Au centre du jardin, ce palais et l’ancien manoir épiscopal ont été des demeures dans leur fonction originelle. Les espaces alternent des pièces de représentation et des pièces de vie, donnant toutes sur les jardins. Distribution, lumière, aménagements et décors composent une succession d’atmosphères différentes et forment l’esprit des lieux.

Le musée conserve ainsi et prolonge pour les visiteurs d’aujourd’hui un esprit des lieux dont Julien Gracq avait livré une perception :

Au fond de ma mémoire, il fait bon se tenir, par une après-midi d'été, dans les salles du musée Dobrée (...). La lumière verte qui filtre des feuillages (...) est celle même qui tombe des hautes-fenêtres des tableaux de Vermeer.
Julien Gracq, La forme d'une ville, Corti, 1985.

Les extensions des XXe et XXIe siècles réalisées spécifiquement pour les fonctions d’un musée ont participé, participent et participeront de la mutation d’une maison-musée en domaine muséal.

Puissance de l’objet de musée

Les collections du musée Dobrée possèdent des caractéristiques, qui en font des objets à la puissance exceptionnelle.

Cumulant les strates historiques (contexte originel de création et d’utilisation, contexte éventuel de réutilisation, contexte de collecte et/ou de collection), leur forme et leurs caractéristiques matérielles principales constituent une constante au fil de leur histoire et font aujourd’hui l’objet des plus grands soins pour leur préservation et leur valorisation.

Leur histoire ancienne et mouvementée leur confère une richesse ontologique leur permettant de s’adapter et de répondre de manière pertinente à de nombreuses approches différentes : les collections du musée sont un vocabulaire encyclopédique du monde, souvent passé au filtre de l’histoire de l’art, de l’archéologie et de l’histoire, mais elles s’adressent en fait à tous les champs de la connaissance humaine : la chimie, la symbolique, l’anatomie, la sociologie…

Le temps de l'élégance
Le temps de l'élégance © Christiane Blanchard, Département de Loire-Atlantique

Puissance de la curiosité

La culture matérielle constitue la caractéristique principale des collections du musée Dobrée : c’est sur ce mode d’expression et son partage qu’il fonde sa singularité. Nous entendons par culture matérielle l’ensemble des objets et œuvres produits par les hommes, des motivations de cette production et des manières dont ces objets et œuvres ont été reçus, perçus et utilisés dans leur contexte historique de réalisation dans un premier temps, puis tout au long de la vie des objets.

La culture matérielle met ainsi en rapport, dans des temporalités diverses, des producteurs ou émetteurs (commanditaires, artisans, artistes) et des récepteurs (utilisateurs, spectateurs, propriétaires, collectionneurs…), auxquels il faut ajouter des territoires (ressources, matériaux, échanges…). La culture matérielle est en effet également tributaire des ressources naturelles accessibles au moment de la fabrication/création.

Dans la manière de présenter ses collections, le musée Dobrée permet aux visiteurs de rentrer en relation avec la(les) matérialité(s), l’(les) identité(s) et l’(les) histoire(s) particulière(s) de chaque objet, il active et renforce ainsi la compétence de curiosité de ses publics.

Mille et une situations de la vie sociale

La notion d’échelle humaine est transversale dans la réflexion menée sur le musée, dans les rapports entre les visiteurs et le site, les bâtiments et les collections. Elle s’incarne tout au long du parcours du visiteur, depuis son entrée dans le jardin jusqu’à l’accès intellectuel aux collections.

L’accessibilité des collections, des bâtiments et du site du musée est physique, intellectuelle, émotionnelle et sensorielle. Le musée Dobrée offre une multiplicité de portes et de moyens d’entrée vers les oeuvres et objets de sa collection, afin de répondre aux différents modes d’appréhension possibles de ses publics, sans discrimination : il est admis et revendiqué qu’il n’y a pas de mauvaise question, pas de mauvaise raison, ni de mauvaise motivation pour aller vers l’objet ou l’oeuvre, pas de mauvais moyen de rentrer en lien avec eux.

Toutes ces démarches facilitent les initiatives de visite et de découverte par les participants et font du musée un lieu d’expérimentation. Si l’on vient au musée pour une activité plaisante, on franchit les portes une première fois et elles restent ouvertes pour une prochaine visite. Le musée devient un lieu où l’on se sent bien. L’idée est ici d’élargir le panel des publics en s’adressant à des personnes qui n’y viendrait pas pour des activités plus traditionnelles.

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